Sobriété foncière à Sète : pas un label, mais des obligations

sobriété foncière entrée EST Sète

Vous avez dans votre famille une personne gravement alcoolique.
Un organisme lui fait bénéficier d’un dispositif de soin particulier, avec une prise en charge par l’état.
Question : cette personne devient-t-elle, du fait de son intégration dans ce dispositif, un modèle de sobriété ?
Ou est-elle, au contraire, choisie parce qu’elle est malade ?

Le 16 décembre, le ministère de la transition écologique, par l’intermédiaire de l’Agence pour la cohésion des territoires, publiait une liste de 7 villes retenues comme « territoires pilotes de sobriété foncière ». Sète/Sète Agglopole Méditerranée constituent l’un de ces 7 territoires.

Aussitôt, cette annonce est reprise par la Mairie, qui s’en glorifie dans les medias.
Quelle ironie, et quel camouflet pour les Sétoises et les Sétois.

  • Sète, ville de 43.000 habitants, qui a vu le béton phagocyter son territoire jusqu’au plus proche des plages.
  • Sète, ville qui continue d’artificialiser une ZAC construite sur d’anciens salins (Villeroy), et qui compte toujours percer la forêt des pierres blanches pour étendre un boulevard (Jean Mathieu Grangent).
  • Sète, qui laisse dépérir 2600 logements en centre ville depuis 20 ans de mandature, et qui lance une nouvelle ZAC mobilisant TOUTES les dernières réserves foncières existantes (Entrée EST).
  • Sète, qui promeut l’extension de la ZAC commerciale de Balaruc en artificialisant des vignes, alors qu’il faut désormais privilégier le commerce de centre ville…
  • Sète, surtout, qui perd ses habitants au fur et à mesure qu’elle gagne des immeubles (-1500 hab)…

Ainsi, cette ville serait devenue un modèle de sobriété foncière ? Et donc un modèle d’urbanisme ?

 

Le dispositif Sobriété Foncière n’est pas un label, mais un constat d’échec

Tout un chacun peut le constater : le dispositif « Territoire pilote de sobriété foncière » n’est pas un label !
Encore moins une reconnaissance.

Les villes qui vont bénéficier de cette aide logistique sont au contraire choisies parce qu’il leur reste d’énormes efforts à produire !
Les villes exemplaires en matière d’urbanisme et d’écologie ne figurent pas dans cette liste.
Tout l’inverse de ce dont se glorifie la mairie !

Raison pour laquelle sans doute, sur les 7 villes retenues (25 candidates), 1 seule brille par sa politique écologiste : Poitiers. Or, les élus de Poitiers, dont la maire EELV nouvellement élue en juin dernier, ont la ferme intention d’utiliser ce dispositif pour infléchir la politique d’urbanisme.

Rien à voir avec ce qui nous est annoncé ici : les lacunes de l’urbanisme sétois sont le fait d’une municipalité en place depuis… 20 ans !
Qui se succède à elle-même. Qui ne peut donc s’en prendre qu’à elle-même.
Va-t-elle renier soudainement ses propres choix et projets ?

 

Des subventions oui. Mais pour quelles obligations ?

Pour que ce dispositif ne soit pas un nouvel « enfumage », une simple opération médiatique, il faudra que la ville de Sète apporte des preuves tangibles de sa volonté de « sobriété foncière », et de qualité de vie. Pas seulement qu’elle engrange les subventions et les aides logistiques.

Et malheureusement, en ce domaine, les efforts demandés par le gouvernement restent bien flous.  Nous n’avons à ce jour aucun engagement du maire sur les points évoqués précédemment :

  • abandon des projets d’artificialisation des sols les plus flagrants, comme l’abatage des arbres pour l’extension du Bd Grangent, ou la transformation de vignes en parkings pour la grande distribution à Balaruc ?
  • réhabilitation des logements vacants du centre ville pour les mettre à la portée des plus démunis, des familles, et contrer le vieillissement accéléré de la population ?
  • modification des projets de ZAC en cours, pour y intégrer des espaces verts plus nombreux, et des services de proximités (écoles, crèches, salles communes…) ?
  • prise en compte d’une nécessaire « sobriété architecturale » (voir ci-dessous) ?

 

Et la sobriété architecturale ? Et la solidarité 

Dans toute loi ou dispositif, il y a la lettre, et il y a l’esprit.
La mairie ne doit pas contourner ce dispositif dans un esprit qui serait contraire à son objectif initial.
On parle ici de sobriété foncière, mais aussi de qualité de vie des habitants, de solidarité et d’écologie.

Donc, se prévaloir de ce dispositif pour construire à tout va et sans retenue, sous prétexte qu’une barre d’immeuble ou une tour construite sur une friche est automatiquement labellisée « sobriété foncière », c’est une forme d’escroquerie intellectuelle.
Il n’existe pas de « moyenne urbanistique ».

Par exemple, la fameuse tour de 50m prévue dans la ZAC entrée EST (et 2 ou 3 autres à venir dans la partie nord), ne peut être compensée par rien. Elle subsistera, absurde, devant les yeux des Sétoises et des Sétois.

extrait du rapport d’enquête sur la ZAc Entrée EST de Sète, novembre 2020 :

Tour ZAC entrée EST Sète

De même, artificialiser des sols naturels à Balaruc, en prétextant qu’ils seront compensés 10km plus loin, peut ouvrir la porte à toutes les manipulations.
Des populations défavorisées pourraient se voir priver sans vergogne de leurs espaces naturels, pendant qu’ils sont « compensés » (sic) ailleurs, dans une zone déjà très favorisée. Un comble.

 

Il va falloir veiller à une solidarité foncière, indispensable, et donc au sens même du mot sobriété.

 

Voir aussi :
L’étrange désignation de Sète Pilote de Sobriété Foncière

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