Des parkings, encore des parkings, et après ?

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Ces derniers mois, notre île singulière s’est effectivement singularisée.
Sujette à des difficultés de circulation récurrentes, Sète a choisi d’attaquer le problème d’une façon effectivement singulière : en créant des nouveaux parkings payants en ville.

Nous avons ainsi vu se créer, après le parking des halles agrandi d’un étage en plein centre ville (264 places), 2 nouveaux parkings centraux :

  • celui de l’ancienne place Stalingrad, 313 places payantes.
  • et celui dit Vossloh, ouvert le 25 juillet dernier, qui compte 120 places payantes.

Pour continuer sur cette lancée, la ville lance de façon accélérée et abrupte les travaux d’un nouveau parking souterrain, place Aristide Briand.
Il devrait compter 314 nouvelles places payantes, si la justice n’y met pas un frein.

Enfin, cette frénésie n’est pas destinée à se calmer, puisque l’on annonce déjà la construction d’un nouveau parking souterrain au niveau de la promenade Jean Baptiste Marty.

Ajoutons à cela le parking souterrain du Canal (388 places) qui vient d’être entièrement rénové pour cause d’infiltrations.
Et pour faire bonne mesure, cette autre décision passée inaperçue : le parking du Mas Coulet, réputé pour être gratuit, est désormais payant lui aussi au-delà de 24H de stationnement.

Enfin, autre conséquence inévitable, pour s’assurer que ses nouveaux parkings payants seront bien rentables et fréquentés, la municipalité s’est empressée de rendre payant le stationnement dans certains quartiers. C’est le cas du quartier des 4 ponts, où les horodateurs ont fleuri. 

On est alors en droit de poser l’affirmation suivante : la priorité du nouveau mandat municipal de François Commeinhes, depuis juin 2020, c’est le stationnement payant.

Avec 2 actions récurrentes : 

  1. créer de nouvelle places payantes
  2. rendre payantes celles qui étaient gratuites

 

Parkings et stationnement payants partout, et après ?


A chaque interrogation, pourtant légitime, des citoyens à propos de cette politique mise en place à marche forcée, la municipalité répond de la même façon : il s’agit “d’apaiser la ville”.

Soit. Alors apaisons.

Mais où, quand, comment ?

  • Quelles sont les nouvelles pistes cyclables traversant le centre-ville ?
  • Quels sont les axes qui font l’objet d’une restriction pour les voitures ?
  • Quelles sont les places de stationnement de surface qui ont été supprimées ?

Les parkings s’accumulent, la ville aspire les voitures goulûment, avec avidité, sûre qu’elle vont lui apporter des rentrées financières appréciables.
Est-ce bien certain ?

Ainsi, le principal parking souterrain Victor Hugo, construit après moultes difficultés (le second étage est resté longtemps fermé), reste désespérément vide, presque un an après son ouverture. Il affiche régulièrement 270 places vides, sur un total de 313.

Et face à cette marchandisation immédiate, réalisée souvent dans l’urgence, on ne voit pas après 22 ans de règne de François Commeinhes se concrétiser les promesses de mobilité douce.

D’un côté, l’inéluctable brutalité du stationnement payant à grande échelle, de l’autre le flou artistique d’une hypothétique mobilité douce.

D’un côté, la poche ouverte pour accueillir la manne du stationnement payant, de l’autre la bourse fermée pour investir sur les pistes cyclables, la réfection des trottoirs et des voiries, la plantation d’arbres.

 

Un manque criant de visibilité et de communication

Notre ville n’est pas avare de communication.

Chaque nouvelle réalisation est saluée, et parfois annoncée bien à l’avance, à grand renfort d’images de synthèse et de vue en 3D séduisantes.
C’est actuellement le cas à grande échelle avec le projet de parking Aristide Briand.

Pourtant, et c’est curieux si l’on y réfléchit, personne ne semble ici avoir vu un jour un plan décrivant en détail l’objectif de la mairie en termes de circulation.

Pourquoi ?

  • Pourquoi aucune étude de mobilité indiquant précisément les comptages de flux de véhicules à différentes heures, sur différentes saisons, et qui justifieraient la création de parkings ?
  • Pourquoi aucun comptage des places de stationnement libres ou occupées, à différentes heures, dans différents quartiers ?
  • Pourquoi aucun plan prévisionnel concernant l’aménagement des pistes cyclables à Sète ?

Rappelons par exemple que Sète est censée être traversée par la piste européenne Eurovélo 8, qui relie Cadix à Athène, et qui de fait… n’existe pas ici !

 

Réalisations éclair pour les parkings, lenteur extrême pour la mobilité douce

Nous demandons à la majorité municipale de faire preuve de transparence sur ses intentions réelles en matière de mobilité, mobilité des véhicules à moteur mais aussi mobilité douce, en communicant le plus rapidement possible les cartes des aménagements futurs.
Notamment en ce qui concerne le centre ville.

Nous demandons aussi, puisque cette majorité sait réaliser un parking payant pour voiture en moins de 3 semaines (parking Vossloh), et sait faire preuve d’une grande diligence lorsqu’il s’agit d’entamer des travaux sur la place Aristide Briand, qu’elle ne mette pas plus de 20 ans pour entamer la construction de voies douces traversant le centre ville de la gare au port.

Cette disparité est inexplicable, donc suspecte, donc inacceptable pour de nombreux citoyens.
Elle est aussi un facteur de troubles.

One thought on “Des parkings, encore des parkings, et après ?

  1. Une vision à court terme motivé par le profit, et aucune vision de la mobilité. Terrible pour l avenir

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